Air France fait de la sous-traitance avec le secteur protégé/adapté une priorité

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Création d’une unité de production à Roissy avec une entreprise adaptée, systématisation du recours au secteur protégé/adapté, projet de service à la personne en direction des salariés du groupe : Air France multiplie les innovations en matière de sous-traitance.

1. L'expérience

Fiche rédigée le 02/11/07

La sous-traitance devient un axe prioritaire


Chez Air France, le recours au secteur protégé/adapté est l’un des axes de la politique d’emploi des personnes handicapées depuis la signature du premier accord d’entreprise en 1991. La nouvelle donne introduite par la loi « Handicap » de 2005 en a fait une priorité du 6e plan d’actions pour la période 2006-2008. En effet, la redéfinition du mode de calcul du taux d’emploi des personnes handicapées (et notamment l’introduction du personnel navigant dans l’assiette d’assujettissement) a entraîné de facto un déficit de 1 200 emplois « travailleurs handicapés ». Un manque que l’entreprise ne peut compenser par l’emploi direct, l’objectif de l’accord en cours portant sur 75 embauches en trois ans. C’est donc par une politique ambitieuse et novatrice en matière de sous-traitance que la compagnie pourra satisfaire à son obligation d’emploi. Pour mettre en œuvre cette nouvelle stratégie, un poste d’appui au secteur protégé/adapté est créé au sein de l’équipe projet Handicap et ressources humaines.

11 tonnes de linge à traiter chaque jour


Daniel Merlin, à qui est confiée cette mission, travaille sur le dossier depuis 2004. Avec les différents services achats, il a défini des segments d’activité susceptibles d’être sous-traités, et a identifié les offres d’Esat ou d’entreprises adaptées (EA) répondant aux besoins et aux critères de sélection du groupe : délais, qualité de prestation, prix. « L’accord d’entreprise nous donne un cadre et nous permet d’avancer plus vite », commente-t-il. Il s’agit désormais de systématiser la sous-traitance, lorsque c’est possible, dans trois secteurs bien déterminés : les espaces verts, l’imprimerie et la blanchisserie. » Dans les deux premiers secteurs, le processus est déjà bien engagé.
La blanchisserie, en revanche, nécessite une approche toute particulière étant donné le volume d’activité généré par les deux plateformes aéroportuaires parisiennes, soit 11 tonnes de linge plat (serviettes, nappes, napperons, têtières…) chaque jour.

Depuis janvier 2007, deux Esat se partagent quotidiennement la tonne de linge de bord produite à Orly. Pour traiter les 10 tonnes/jour de Roissy, Air France travaille en revanche à la création d’une unité de production spécifique avec l’entreprise adaptée AIA d’Asnières dans les Hauts-de-Seine, spécialisée initialement dans le câblage automobile. Un projet ambitieux qui absorbera à terme 80 % de l’activité blanchisserie. Une soixantaine de salariés formés sera mobilisée 6 jours sur 7 en 2/8. « En permettant la diversification de l’activité de l’entreprise, ce projet permet de maintenir les emplois existants et d’en créer de nouveaux. », souligne Daniel Merlin.

 

Une unité de production créée de toutes pièces


Un deuxième projet est en préparation en Seine-Saint-Denis. Suite à un appel à candidature, Air France a sélectionné l'ANRH (Association pour l'insertion et la réinsertion professionnelle et humaine des handicapés) pour créer une unité de production qui assurera d'autres prestations de blanchisserie, mais aussi d'imprimerie et de conditionnement. « Nous sommes partis de zéro, précise le chargé de mission. Il nous faut encore trouver le terrain où implanter les ateliers (plus de 2 500 m2 de locaux), définir l'encadrement et les modalités de fonctionnement. » Là aussi, Air France apportera une aide à l'investissement et à la formation. Le projet étant susceptible d'intéresser l'ensemble des acteurs économiques et sociaux du département, des démarches ont été engagées en direction des collectivités et des entreprises du secteur en vue d'établir des partenariats.
« Nos prestataires actuels sont bien évidemment associés à ces transferts d'activité car nous devons prendre en compte l'impact économique et social que cela représente pour eux et leur laisser le temps de trouver de nouveaux marchés », commente Daniel Merlin.

 

Des idées nouvelles pour convaincre


Au sein du groupe Air France, le recours au secteur protégé/adapté entre donc peu à peu dans la culture des services achats. À ce jour, la compagnie travaille en direct avec une quarantaine d’Esat et d’entreprises adaptées. Malgré les a priori et les réticences des prescripteurs, le groupe enregistre de belles réussites. Daniel Merlin se félicite par exemple du transfert à un Esat du traitement des kits première classe (draps, housses etc.) ou encore de l’externalisation au sein d’un autre établissement du secteur protégé de la gestion des vêtements des navigants commerciaux. « Les directions concernées se déclarent aujourd’hui totalement satisfaites des prestations apportées qui ont même parfois permis d’améliorer certains process », précise Daniel Merlin.

Troisième projet totalement novateur : la création d’un service de conciergerie à l’intention du personnel d’Air France. La compagnie proposera prochainement à ses salariés divers services à la personne (cordonnerie, repassage, blanchisserie etc.) assurés par des Esat. « Sur de gros centres, employant de 3 à 4 000 personnes, cela peut créer un vrai marché pour ces établissements et, dans le même temps, contribuer à la sensibilisation du personnel en instaurant une relation commerciale directe avec des personnes handicapées. », estime Daniel Merlin. Une première expérimentation devrait intervenir courant 2008 en région parisienne.

 

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2. Le témoignage

Merlin Daniel, chargé de mission Appui au secteur protégé/adapté


« Nous ne voulons pas nous inscrire uniquement dans une logique de sous-traitance »


« La politique de sous-traitance avec le secteur protégé/adapté correspond à une volonté au plus haut niveau d’Air France. Cela nous facilite grandement la tâche car il y a beaucoup d’obstacles à surmonter : il faut convaincre les prescripteurs, trouver les bons partenaires, bien gérer les transitions avec fournisseurs actuels en évitant de les mettre en difficulté. Cela nous oblige à anticiper, à être imaginatifs. L’enjeu n’est pas seulement économique. Il y a une vraie dimension sociale dans les projets que nous mettons en œuvre. L’objectif est de créer des outils d’insertion permettant aux personnes handicapées d’accéder à l’emploi, de se former et, dans certains cas, de revenir vers le milieu ordinaire. Nous ne voulons pas nous inscrire uniquement dans une logique de prestation de service. Notre ambition est aussi de contribuer à l’accompagnement social des personnes et d’établir des passerelles entre l’entreprise et les entités sous-traitantes. »


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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Groupe : Air France
  • Entreprise : Air France
  • Activité : Transport aérien
  • Région : Ile-de-France
  • Effectif entreprise : 55 000
  • Unités valorisables au titre de la sous-traitance : 189
  • Accord d’entreprise : OUI
  • Convention Agefiph : NON
  • Contact : Merlin Daniel (chargé de mission Appui au secteur protégé/adapté) :
    damerlin@airfrance.fr
  • Mise à jour : 20/12/2007
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4. La fiche technique

  • Accord : 2006-2008 (3 ans) – 6e accord signé par Air France
  • Objectif global : atteindre 1 000 unités valorisables au titre de la sous-traitance au terme de l'accord
  • Budget sous-traitance : 4 millions d'euros en 2006 portés à 6 millions d'euros en 2007 avec une quarantaine d'Esat et entreprises adaptées
  • Durée du projet de création d'EA à Roissy : 2 ans
  • Nombre de salariés concernés (Roissy) : 70
  • Financement (Roissy) : Air France, collectivités, ANRH
  • Partenaires : AIA d'Asnières, autres entreprises
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