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Personnes handicapes / Bloc-Notes

Conseils d'expert

Être honnête avec soi-même sans céder à  l’autocensure

"Être honnête avec soi-même sans céder à l’autocensure"

Nom : Sylvie Mazières-Gabilly

Fonction : Chargée d'étude et de développement en Délégation régionale Agefiph Poitou-Charentes



Pourquoi engager une démarche de réorientation professionnelle ?

Il y a toutes sortes de cas de figures. On peut envisager une réorientation professionnelle parce qu’on est à la recherche d’un emploi et qu’on veut parfaire ses qualifications ou s’orienter vers un secteur qui recrute. La réorientation peut également être une solution pour des salariés qui sont sous le coup d’une inaptitude et qui doivent envisager un reclassement, soit dans leur entreprise, soit dans un autre cadre.

Enfin, comme n’importe quel salarié, une personne handicapée peut aspirer à évoluer professionnellement, à changer de cap ou à anticiper sur une situation à venir en ayant recours à son droit à la formation. Pour chaque situation, des interlocuteurs existent auprès de qui on peut obtenir des conseils, un accompagnement, des aides. C’est précisément le métier de l’Agefiph et de son réseau de partenaires, à commencer par Cap emploi et les Sameth pour le maintien dans l’emploi.

Quelles questions la personne doit-elle se poser avant d’engager une démarche de réorientation ?

Bien souvent, les personnes n’ont pas spontanément l’idée de se réorienter. C’est pourtant une démarche bien naturelle face à un marché du travail en perpétuelle évolution. Il faut donc d’abord se débarrasser de ses a priori et ne pas se poser de barrières inutiles du genre : « Je suis trop âgé », « Je ne suis pas assez qualifié », « Mon handicap est trop lourd » ou encore « Ce sera trop compliqué ». Nous sommes précisément là pour apporter des réponses et elles sont nombreuses car le champ des possibles est beaucoup plus vaste qu’on ne peut l’imaginer. J’ai en tête l’exemple d’une femme peu qualifiée au départ qui s’est formée à la soudure et a trouvé un emploi. Jamais elle n’aurait imaginé que c’était possible. La personne doit s’interroger sur ses compétences et ses aptitudes, acquises dans le cadre professionnel, mais aussi extra-professionnel. Les gens finissent par se rendre compte qu’ils savent faire beaucoup plus de choses qu’ils ne le pensaient. Il faut aussi s’interroger sur ses motivations : est-on prêt à reprendre une formation ? est-on mobile ? peut-on envisager de changer de ville, de département ? Car l’emploi n’est pas toujours là où l’on voudrait qu’il soit. Il est essentiel de se poser ces questions honnêtement et de façon réaliste. Mais dans le même temps, il ne faut pas céder à la tentation de l’autocensure.

Vous parliez d’accompagnement. Quelles formes peut-il prendre ?

Mener cette réflexion seul n’est pas toujours facile car il faut savoir prendre du recul, surmonter ses peurs, envisager sa situation objectivement et au bout du compte, construire un projet. Une fois ce projet défini, il faut trouver des financements. Les réseaux Cap emploi ou les Sameth sont donc une bonne porte d’entrée car ils peuvent accompagner la personne de bout en bout et l’aider à trouver les ressources. Souvent, réorientation professionnelle rime avec bilan de compétence. La personne analyse sa situation avec un conseiller qui l’aide à se poser les bonnes questions et lui apporte l’ouverture d’esprit nécessaire. Généralement, un bilan comprend une trentaine d’heures d’entretiens, d’exercices, de tests et de travail personnel de prise d’informations et de contacts. Au-delà du bilan de compétence classique, il existe des offres spécifiques à certaines régions, comme les bilans collectifs qui reposent sur un travail de groupe. En Poitou-Charentes, nous développons aussi depuis trois ans un « bilan maintien » pour les personnes en risque d’inaptitude. Il associe le médecin du travail. Nous avons également un projet en cours avec des entreprises de mutuelles-assurances en recherche de collaborateurs handicapés. Il prévoit d’amener via la formation des personnes de niveau CAP à un niveau bac + 2. Ce qui montre bien que tout est possible.

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