Des aménagements pour compenser le handicap d’une jeune agricultrice opérée d’une hanche

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Obligée de se faire poser une prothèse de hanche à 27 ans, Aurore a bénéficié de l’intervention d’un ergonome du Sameth pour aménager la ferme qu’elle exploite avec son époux dans le Finistère.

1. L'expérience

Fiche actualisée le 11/04/2018


Une opération inéluctable pour Aurore


À Plonevez-du-Faou, dans le Finistère, le couple Le Moigne exploite une ferme de 200 vaches laitières et 210 hectares de cultures. Enfant, Aurore a contracté un staphylocoque doré sur la tête d’un fémur qui a provoqué une arthrose précoce et des douleurs récurrentes au bassin. Après sa deuxième grossesse, début 2012, ses douleurs s’intensifient. « Quand je rassemblais mon troupeau matin et soir, j’étais obligée de m’accrocher à la queue des vaches pour m’aider à remonter dans l’entrée du champ. Sans ça, je n’y arrivais pas ! », se souvient-elle.
La jeune femme tient ainsi deux ans. Mais elle est contrainte d’abandonner à son mari certaines tâches, trop lourdes pour elle. Alors qu’elle vient de fêter ses 27 ans, le chirurgien lui explique que la pose d’une prothèse de hanche est inéluctable. Elle pourra continuer à travailler, mais des aménagements seront nécessaires pour lui éviter d’être trop sollicitée physiquement et d’abîmer la prothèse.
Les Le Moigne profitent des quelques mois précédant l’opération pour engager les démarches.


Des outils motorisés pour limiter la manutention



Dans un premier temps, Aurore contacte l’assistante sociale de la MSA qui l’aide dans la procédure d’obtention de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Puis elle est orientée vers le Sameth. Un ergonome vient la rencontrer à plusieurs reprises. Il l’interroge sur son travail et sur les points les plus pénalisants. Sur la base de ses observations, il propose des solutions sur-mesure.
Avec l’aide de l’Agefiph, le couple investit ainsi dans un « taxi-lait » pour nourrir les veaux. Cet engin motorisé épargne à Aurore une lourde opération de manutention. Là où elle devait auparavant transporter sur une brouette, jusqu’à l’étable, les 150 litres d’eau chaude à mélanger au lait en poudre, elle peut désormais chauffer directement le mélange dans la cuve de l’appareil et réaliser la distribution sans effort.
Pour nettoyer l’aire d’attente en salle de traite et repousser le fourrage devant les vaches (3 à 4 séances quotidiennes pour un volume total d’une dizaine de tonnes), les Le Moigne font l’acquisition d’un micro-tracteur équipé d’un mini-rabot. Jusque-là, Aurore devait réaliser ces opérations à la main.

L’ergonome consulté lors de la conception d’un nouveau bâtiment


Ces aménagements facilitent considérablement le quotidien de la jeune exploitante, mais ils profitent aussi à son mari qui a pris conscience de la nécessité de se préserver physiquement. « À notre âge, beaucoup de jeunes agriculteurs souffrent déjà du dos, assure Aurore. Les à-coups à la montée sur le tracteur, les charges lourdes, tout cela fini par peser. Nous faisons un métier très exposé. »
En 2016, l’exploitation s’enrichit d’un nouveau bâtiment destiné à accueillir le troupeau. Au moment de l’élaboration des plans, les Le Moigne ont le réflexe de solliciter à nouveau l’ergonome du Sameth. Ses observations permettent d’optimiser les déplacements à l’intérieur de la nouvelle étable et d’éviter à Aurore des gestes et des postures susceptibles de mettre à mal sa prothèse.
Aujourd’hui, certaines solutions techniques sont encore à trouver, notamment pour le débâchage des silos à maïs qui reste très sollicitant physiquement pour la jeune femme. En attendant, le quotidien s’est considérablement amélioré sur l’exploitation. En dépit de son handicap, Aurore peut envisager plus sereinement son avenir professionnel.


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2. Le témoignage

Aurore Le Moigne , exploitante agricole


« Pour de jeunes agriculteurs, les subventions Agefiph constituent un vrai coup de pouce »


« Comme mon opération était planifiée, nous avons pu tout prévoir à l’avance et faire en sorte que les aménagements soient en place au moment où j’ai repris le travail. Aujourd’hui, nous en tirons vraiment parti, ils nous changent la vie. Inutile de préciser que les subventions accordées par l’Agefiph constituent un vrai coup de pouce pour les jeunes agriculteurs que nous sommes. »

   
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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Entreprise : GAEC de Kerbrat
  • Activité : agriculture
  • Région : Bretagne
  • Effectifs : 2
  • Effectif TH : 1
  • Contact :   Aurore Le Moigne, exploitante
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4. La fiche technique

  • Type de handicap : moteur
  • Aménagements :
    - techniques : oui
    - organisationnels : oui
    - formation : non
  • Financements : Agefiph, GAEC de Kerbrat
  • Partenaires : MSA, Sameth (ergonome)
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