L’entreprise Daubannay se réorganise pour permettre le maintien dans l’emploi d’un salarié

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Touché par l’usure professionnelle, Jean-Luc, ouvrier-couvreur de 43 ans, ne pouvait plus exercer son métier. La PME lui a créé un poste de gestionnaire technique de chantier qui la conduit, aujourd’hui, à développer son activité.

1. L'expérience

Fiche actualisée le 13/02/2018


Jean-Luc doit changer de métier


L’équilibre est souvent bien fragile au sein d’une petite équipe de travail. Qu’un imprévu survienne, qu’un des membres soit contraint de renoncer à certaines de ses tâches et c’est toute l’organisation qui est à revoir.
C’est ce qui se produit, fin 2014, au sein de l’entreprise de couverture-zinguerie Daubannay, quand Jean-Luc, l’un des six salariés, est arrêté par son médecin pour des problèmes de cervicales. Âgé de 43 ans, l’ouvrier couvreur commence à ressentir les effets de l’usure professionnelle. Il souffre de deux hernies cervicales et doit être opéré à deux reprises. Pendant sa longue période d’arrêt, Gaël Daubannay, le gérant, et l’équipe de l’entreprise doivent se répartir les tâches. Tout au long de sa convalescence, Jean-Luc, qui a beaucoup de mal à « décrocher », passe plusieurs fois par semaine au dépôt pour dire bonjour et donner des nouvelles. Plus la date de la reprise approche, plus l’inquiétude augmente. Il est évident que le salarié ne pourra plus travailler comme avant sur les toits. Il ne peut plus tourner la tête, souffre de pertes d’équilibre et ne peux plus porter de charges lourdes dans un métier où l’on manipule en permanence tuiles, échelles, éléments d’échafaudage et outillage. Le médecin du travail confirme cette réalité.


Une fonction plus transversale dans l’entreprise



« Il fallait sortir du cercle de l’inaptitude », raconte Gaël Daubannay, qui entend alors tout mettre en œuvre afin de trouver une solution pour Jean-Luc. Le médecin du travail est formel : il n’y a d’autre alternative que de positionner le salarié sur un nouveau métier. Il oriente l’entreprise vers le Sameth qui mobilise immédiatement une aide au maintien dans l’emploi afin d’aider à faire face financièrement le temps d’une recherche de solution.
Jean-Luc réalise un bilan de compétences : il en ressort que les possibilités de reconversion professionnelle sont limitées, d’autant plus que le couvreur n’imagine pas un instant s’orienter vers « un travail de bureau ». Se dessine alors une solution intermédiaire : faire évoluer Jean-Luc vers un poste de gestionnaire technique de chantier. Cette fonction, assurée jusque-là par Gaël Daubannay, consiste à superviser les chantiers, à assurer l’approvisionnement en matériaux et à apporter des solutions en cas de difficultés techniques. Compte tenu de son expérience professionnelle, Jean-Luc est totalement légitime pour assumer ce rôle. Le poste présente par ailleurs l’avantage de pouvoir être occupé à temps partiel selon des horaires relativement libres, ce qui permet au salarié de gérer son temps en fonction de son état de fatigue.

Une nouvelle étape pour l’entreprise


Pour l’équipe, ce choix implique néanmoins une nouvelle organisation de travail, d’autant plus que Jean-Luc doit être régulièrement accompagné dans ses déplacements, par exemple pour les prises de cotes qu’il ne peut réaliser seul. Afin de lui permettre d’assurer ses visites de chantier, l’entreprise fait l’acquisition d’un nouveau véhicule, cofinancé par l’Agefiph dans le cadre de l’aménagement de poste de Jean-Luc.
« Aujourd’hui, résume Gaël Daubannay, nous avons trouvé notre mode de fonctionnement et Jean-Luc est pour ainsi dire devenu mon bras droit. Je peux m’appuyer sur lui en toute confiance. Mais dans le même temps, il nous faut trouver un nouvel équilibre car toute cette démarche a eu un coût pour l’entreprise et a occasionné une perte de productivité qu’il nous faut maintenant absorber. »
Déchargé de nombreuses tâches, le patron de la société se consacre davantage au volet commercial de l’activité. « Je n’avais jamais envisagé les choses de cette manière, mais aujourd’hui, la société doit grandir. D’une certaine façon, le maintien dans l’emploi de Jean-Luc nous fait entrer dans une dynamique de développement. »
Encore faut-il se donner les moyens de réussir cette transition. Pour y parvenir, l’entreprise a fait une demande de reconnaissance de la lourdeur du handicap.


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2. Le témoignage

Gaël Daubannay,  gérant


« Sans ces soutiens, il serait très difficile de faire face »


« Ce n’est pas facile pour une toute petite entreprise de réaliser un maintien dans l’emploi comme celui-ci. C’est très lourd en termes d’organisation, mais aussi financièrement. Nous avons pu compter sur le soutien du médecin du travail et du Sameth qui sont venus nous voir, qui nous ont conseillés et avec qui nous restons en contact aujourd’hui. Sans ces soutiens, il serait très difficile de faire face. »

   
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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Entreprise : Cerfrance Alliance Centre (agence Bourges)
  • Groupe : Cerfrance Alliance Centre
  • Activité : Services aux entreprises
  • Région :  Centre Val-de-Loire
  • Effectifs groupe : 650
  • Effectifs établissement : 80
  • Effectif TH : 25,58
  • Unités valorisables au titre de la sous-traitance : 0
  • Contact : Gaëlle Melot, référente handicap - gmelot@alliancecentre.cerfrance.fr
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4. La fiche technique

  • Nombre de personnes handicapées concernées : 1
  • Type de handicap : handicap moteur
  • Aménagements :
    - techniques : oui
    - organisationnels : oui
    - formation : non
  • Financements : Agefiph
  • Partenaires : Sameth, médecin du travail
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