La boucherie Histoire d’éleveurs recrute un apprenti boucher aux qualités insoupçonnées

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Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, Fréderic prépare un CAP boucher en alternance dans la PME tarnaise. Au fur et à mesure de sa formation, son employeur lui découvre des talents de vendeur qui lui valent d’être embauché en CDI.

1. L'expérience

Fiche actualisée le 04/02/2019


Un apprenti au profil inhabituel


En 2011, huit éleveurs du Tarn décident de s’associer pour créer une boucherie traditionnelle. La crise de la vache folle est passée par là : les consommateurs sont devenus exigeants quant à la traçabilité des produits qui leurs sont proposés. Ils réclament de la transparence et de la proximité. C’est à ces attentes que répond la boucherie Histoire d’éleveurs, installée à Castres. Pour valoriser leurs produits, Jean-Yves Pagès et ses associés embauchent trois bouchers qualifiés et expérimentés. Tous les deux ans, l’équipe intègre un jeune en apprentissage.
En 2015, la boucherie voit arriver un candidat inhabituel. Frédéric est âgé de 38 ans et a derrière lui un passé professionnel totalement étranger à la profession. Dans le cadre d’une reconversion, il souhaite se former au métier de boucher qui l’attire depuis qu’il est enfant. Il est par ailleurs reconnu travailleur handicapé et accompagné par Cap emploi. Frédéric n’est pas totalement inconnu de l’équipe qui l’a déjà accueilli dans le cadre d’un stage de découverte de deux semaines. « Nous savions qu’il partait de zéro, mais il était sérieux et avait une vraie volonté d’apprendre. Quant à son handicap, il n’avait a priori pas d’incidence particulière sur son travail », se souvient Jean-Yves Pagès. Il est donc embauché en contrat d’apprentissage.


Un excellent contact client



Frédéric est épileptique depuis l’enfance. Cette pathologie l’a contraint à abandonner son précédent métier dans le secteur commercial. Lorsqu’il s’est présenté à la boucherie, il n’a pas fait mystère de cette particularité mais a rassuré ses futurs employeurs : sa situation est stabilisée grâce aux traitements. Il n’a pas fait de crise depuis plus de deux ans. L’équipe l’a accueilli sans a priori, en pleine connaissance de cause.
Les premiers mois sont néanmoins difficiles : en dépit de son engagement, Frédéric n’est pas très adroit devant la table de découpe. Il travaille lentement et peine à intégrer les gestes du métier au point que ses tuteurs s’interrogent. « Un bon boucher doit connaître la viande, savoir découper, mais il doit aussi savoir vendre… », précise Jean-Yves Pagès. Dans ce dernier domaine, l’apprenti-boucher se distingue très rapidement. Il fait même preuve d’un vrai talent pour établir le contact avec le client, mettre en valeur les produits, expliquer leur origine. « Nous avions totalement ignoré au départ ces qualités, héritées de son précédent métier, et il a su nous convaincre au fur et à mesure que nous avions aussi besoin d’un bon vendeur », poursuit le co-gérant.

Au magasin plutôt qu’à la découpe


Au terme des deux années d’apprentissage, Frédéric décroche son CAP. L’équipe de la boucherie décide de pérenniser son contrat. Après une période transitoire de 6 mois en CDD, il est définitivement embauché en janvier 2018. S’il continue à progresser sur son nouveau métier de boucher, il est plus souvent au magasin qu’au laboratoire. Il n’en est pas moins heureux de sa reconversion réussie, dans laquelle l’établissement trouve aussi largement son compte. « Ce qui a été décisif dans cette démarche, c’est la motivation dont il a fait preuve et la confiance que nous lui avons accordée en retour, en dépit des difficultés qu’il a pu rencontrer. Cela nous a permis de voir émerger des capacités que nous n’avions pas soupçonnées au départ », résume Jean-Yves Pagès, tout en soulignant l’importance des aides financières. Embaucher en alternance un travailleur handicapé en reconversion professionnelle ouvre droit à des aides financières très intéressantes pour une petite structure comme la nôtre. »


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2. Le témoignage

Jean-Yves Pagès, co-gérant


« Nous cherchions un boucher, nous avons trouvé le vendeur qui nous manquait »


« Si nous avions cédé aux a priori quand Frédéric nous a présenté sa candidature, tant en raison de son handicap que de son profil, totalement étranger au métier auquel nous le destinions, nous nous serions privés d’une belle rencontre. Nous cherchions un boucher, nous avons trouvé le vendeur qui nous manquait. »
»

   
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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Entreprises : Boucherie Histoire d’éleveurs
  • Activité : commerce
  • Région :  Occitanie
  • Effectifs : 5
  • Effectif TH : 1
  • Unités valorisables au titre de la sous-traitance : 0
  • Contacts : Jean-Yves Pagès, co-gérant - histoiredeleveurs@gmail.com
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4. La fiche technique

  • Type de handicap : maladie invalidante
  • Aménagements :
    - techniques : non
    - organisationnel : oui
    - formation : oui
  • Type de handicap  : Agefiph, droit commun
  • Partenaires : Cap emploi
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