Le Restaurant inter-administratif de Lyon (RIL) se positionne comme partenaire du secteur protégé

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Conscient du rôle qu’il peut jouer en matière d’insertion professionnelle, l’établissement accueille en permanence des travailleurs d’Esat dans le cadre de contrats de mise à disposition. Objectif principal : les former voire les préparer à passer en milieu ordinaire de travail

1. L'expérience

Fiche rédigée le 15/06/2017


Une volonté d’engagement social


À Lyon, la Cité administrative d’État, où travaillent quelque 1 500 fonctionnaires, possède son propre restaurant, géré par une structure associative, familièrement appelée le « RIL » (Restaurant Inter-administratif de Lyon). Une équipe de 27 personnes y assure, au quotidien, la préparation du déjeuner et le service et veille au bon fonctionnement du self. Depuis 2010, Philippe Muscat assume la direction du restaurant avec le souci de s’inscrire dans une démarche responsable. « Notre statut associatif nous conduit naturellement vers des modes de fonctionnement vertueux, en termes de qualité de produits proposés, mais aussi au plan social ». Le RIL s’attache ainsi à accueillir régulièrement dans son équipe des personnes en insertion ainsi que des jeunes en apprentissage. C’est dans cet esprit qu’il s’est ouvert au secteur protégé.
La structure travaille, notamment, depuis de nombreuses années avec l’association Messidor qui accompagne des personnes présentant des handicaps psychiques. « Nous avons en permanence deux à trois travailleurs d’Esat, détachés chez nous dans le cadre de contrats de mise à disposition, précise le directeur. Etant une petite structure, nous n’avons que très rarement des postes vacants sur lesquels nous pourrions embaucher les personnes les plus aptes à intégrer le milieu ordinaire de travail. L’idée est donc plutôt de faire un bout de chemin avec ces travailleurs handicapés, de les aider à avancer dans leur projet professionnel, à se former et, pour certains, à reprendre pied dans le monde du travail »


Accompagner les personnes dans leur projet



Selon le profil et le projet individuel de chaque personne détachée au RIL, la durée du contrat de mise à disposition varie de quelques semaines à quelques mois. Il en va de même pour les postes proposés : plonge, cuisine, service ou rotation sur ces différents postes. Avec le temps, l’accueil et l’accompagnement des nouveaux arrivants sont parfaitement rôdés. Avant d’intégrer le RIL, la personne se présente, accompagnée d’un chargé d’insertion. Elle est positionnée sur le poste correspondant à son projet. Le premier jour, le référent qualité lui fait visiter les lieux, lui présente son responsable ainsi que l’équipe. « Et puis, c’est parti !, poursuit Philippe Muscat. Il y a toujours un accompagnement un peu plus appuyé au début, mais le plus souvent, l’intégration se fait d’elle-même. Que l’on accueille un apprenti, un intérimaire ou un travailleur d’Esat, tout se déroule rigoureusement de la même manière. Cela fait partie de notre fonctionnement habituel. » Seule différence pour les travailleurs d’Esat : le suivi dans le temps assuré par leur établissement à travers des points d’étape, réalisés tous les 15 jours avec un chargé d’insertion.


Alexandre rejoint l’équipe du RIL


Pour Alexandre, le RIL n’aura pas seulement été un point de passage puisqu’il y a été embauché en CDI en mars 2016.
Tout commence par le remplacement, pendant ses congés, d’un des deux salariés en charge du magasin où sont stockés les denrées destinées à la cuisine. « En un an de présence au RIL, Alexandre avait fait preuve de suffisamment d’autonomie et de polyvalence pour que nous lui proposions en toute confiance, cette mission, qui est aussi une responsabilité puisqu’elle touche directement à la qualité, à la sécurité alimentaire et à la gestion des stocks », note Philippe Muscat. Travaillant en binôme, le jeune homme s’acquitte parfaitement de sa tâche si bien que, quelques mois plus tard, quand un poste est libéré au magasin, il lui est immédiatement proposé d’en devenir titulaire. Une formidable opportunité de devenir un salarié « ordinaire ».
Un an après, le directeur du RIL se félicite de ce recrutement. « Alexandre a tellement bien assimilé le poste que, depuis plusieurs semaines, c’est lui qui apporte un soutien à son collègue et tuteur qui s’est blessé à la main ! »
Aujourd’hui, le RIL réfléchit à l’embauche d’un jeune homme déficient intellectuel en contrat d’apprentissage.


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2. Le témoignage

Philippe Muscat, directeur du RIL


« Sortir de l’Esat, être en entreprise est souvent vécu comme une promotion »


« Ce qui me frappe toujours quand je côtoie les travailleurs d’Esat que nous accueillons, c’est l’envie et l’enthousiasme dont font preuve la plupart d’entre eux. Sortir de l’Esat, être en entreprise est souvent vécu comme une promotion. Dans le cas d’Alexandre, son embauche a été un formidable pas en avant. Même le statut de travailleur détaché lui donnait le sentiment d’être un figurant, de se situer à côté, en dehors de la réalité du travail. Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. »


   
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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Entreprise : Restaurant inter-administratif de Lyon (RIL)
  • Activité : restauration collective
  • Région :  Auvergne Rhône-Alpes
  • Effectifs : 27
  • Effectif TH : 1
  • Unités valorisables au titre de la sous-traitance : nc
  • Contact :  Philippe Muscat, directeur - pmuscat@ria-lyon.com
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4. La fiche technique

  • Nombre de salariés concernés : 2 ou 3 travailleurs détachés selon les périodes
  • Type de handicap : handicap psychique
  • Aménagements :
    - techniques : non
    - organisationnels : oui
    - formation : non
  • Financements : RIL
  • Partenaires : Messidor
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