Linévia embauche un conducteur de car scolaire ayant perdu l’usage d’un bras

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Il y a quelques années, l’idée de confier un car à un conducteur monomanuel était inconcevable. Ajoutées à la motivation de Yves, les évolutions technologiques et la mobilisation collective d’acteurs locaux ont permis de lever cette supposée impossibilité.

1. L'expérience

Fiche actualisée le 03/07/2018


Une candidature inhabituelle


Peut-on devenir conducteur de car scolaire quand on a perdu l’usage d’un bras ? « Il y a quelques années, nous aurions certainement répondu non, remarque François Hervieux, directeur général de la société de transports bretonne Linévia. Mais aujourd’hui, les choses ont beaucoup évolué dans les entreprises comme dans la société. Quand Yves a postulé chez nous, nous avons estimé que c’était faisable et nous avons décidé de l’embaucher. »
Privé de l’usage de son bras gauche suite à un accident alors qu’il était adolescent, le candidat qui se présente à l’entreprise de transport rennaise a appris à composer avec son handicap. Il a exercé différents métiers, passé son permis B puis, en 2015, a choisi de s’orienter vers la conduite à la faveur d’un projet mis en place en Bretagne par l’Agefiph et les deux fédérations professionnelles régionales du transport, la FNTR et la FNTV, pour ouvrir le métier de conducteur routier aux personnes handicapées.
C’est dans ce cadre qu’Yves est amené à pousser la porte de Linévia.  « Deux éléments ont contribué à motiver notre décision de l’embaucher, poursuit  François Hervieux. D’abord le fait que les évolutions techniques, notamment en matière d’automatisation des boîtes de vitesses, rendent possible la compensation du handicap au volant, qui était auparavant inenvisageable ; ensuite parce que, dans nos métiers, nous sommes devenus, du fait de la législation, très attentifs aux questions d’accessibilité pour tous les passagers. Cela nous conduit naturellement à appréhender de façon plus positive le handicap dans nos propres équipes. 


Tous les partenaires autour de la table



Aux yeux de l’entreprise, le principal argument avancé par Yves n’en reste pas moins sa motivation. Il a construit son projet méthodiquement, avec Cap emploi, est sûr de son choix et arrive avec un projet de formation sur mesure, mis en place avec l’Aftral, organisme de formation en transport et logistique.
Au sein de l’entreprise, les dernières interrogations sont balayées à partir du moment où l’Agefiph réunit autour de la table tous les interlocuteurs : le centre de formation, l’ergothérapeute chargé de concevoir l’aide technique nécessaire au futur conducteur, le médecin agréé par la préfecture, pour la délivrance du permis D… « La présence de tous les intervenants permet d’aplanir toutes les questions, techniques, réglementaires, administratives, mais aussi de garantir à chacun un même niveau d’information. Cela évite les malentendus et permet d’avancer rapidement. Tout cela est  très rassurant pour l’employeur », souligne François Hervieux.

Un candidat peut en cacher un autre…


Yves passe son permis sans difficulté en mai 2016 et intègre l’entreprise peu de temps après. Des essais sur un simulateur de conduite ont permis de définir précisément les adaptations à apporter à son véhicule. Pour conduire avec son bras valide, il n’a qu’une boule à installer au volant. La technologie fait le reste.
Depuis son embauche, il assure les tournées de ramassage scolaire deux fois par jour, dans les environs de Rennes. Pour son employeur, l’expérience est une totale réussite. Au plan professionnel, le handicap du conducteur est totalement neutre. « Il est d’ailleurs intéressant d’observer le regard qui est porté sur lui par les enfants et par leurs parents. La plupart ont mis des semaines à réaliser qu’il n’utilisait qu’un bras et personne ne s’en émeut. Il y a quelques années, on nous aurait certainement opposé une foule d’arguments sur la sécurité. C’est sans doute un signe de l’évolution des mentalités. »
La démarche menée avec Yves a incité l’entreprise à aller rechercher une candidature plus ancienne qu’elle n’avait pas retenue : celle de Fred, lui aussi monomanuel. Resté depuis sans emploi, le candidat initialement débouté suit aujourd’hui le même programme de formation que son prédécesseur et s’apprête à intégrer à son tour Linévia.


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2. Le témoignage

Thomas Verazzi, DRH France


« C’est ensemble qu’on peut aplanir les éventuelles difficultés »


« Pour ouvrir l’entreprise aux personnes handicapées, on ne peut pas travailler seul. Il existe tout un réseau d’acteurs qui ont les savoir-faire, l’expertise du handicap et qui peuvent aussi apporter un appui financier. C’est ensemble qu’on peut aplanir les éventuelles difficultés et lever les freins au recrutement. Aujourd’hui, les entreprises sont encore dans l’effort s’agissant du handicap, mais je pense que les choses sont en train de changer. »

   
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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Entreprise : Linévia
  • Activité : Transports
  • Région : Bretagne
  • Effectifs : 217
  • Effectif TH : nc
  • Unités valorisables au titre de la sous-traitance : nc
  • Contacts : François Herviaux, directeur général – fherviaux@linevia.fr
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4. La fiche technique

  • Nombre de personnes handicapées concernées : 1
  • Type de handicap : moteur
  • Aménagements :
    - techniques : oui
    - organisationnels : oui
    - formation : oui
  • Financements : droit commun, employeur, Agefiph,
  • Partenaires : Agefiph
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