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Novandie embauche en CDI 7 salariés autistes dans son usine d’Auneau

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C’est une démarche quasi-expérimentale qu’a lancée la filiale du groupe Andros en organisant le parcours d’intégration puis le recrutement progressif de personnes autistes sur son site industriel d’Eure-et-Loir.

1. L'expérience

Fiche actualisée le 15/11/2017


Accorder projet inclusif et logique industrielle


Intégrer des travailleurs autistes sur un site industriel et leur offrir des conditions d’emploi sécurisées et durables, c’est possible. À Auneau (Eure-et-Loir), l’usine Novandie du groupe Andros s’attache à le démontrer depuis 2014. En trois ans, elle a embauché, en CDI, 7 salariés avec autisme de modéré à sévère.
Cette démarche s’inscrit dans un projet plus large d’insertion sociale, souhaité par Jean-François Dufresne, directeur général du groupe, soutenue par Andros et mis en œuvre par une association, Vivre et travailler autrement.
Tandis que cette dernière assure l’hébergement et l’accompagnement médico-social des personnes concernées, l’équipe de l’usine a été chargée de créer les conditions d’accueil et d’intégration professionnelle. « C’était un défi car nous n’avions pas d’expérience particulière du handicap et encore moins de l’autisme », explique le directeur, Yannick Bontemps. Avec l’appui de professionnels du handicap et de chefs d’équipes, il a su trouver  les moyens d’accorder ce projet inclusif avec la logique industrielle.


Des espaces de travail restructurés



Compte tenu des spécificités de l’autisme, les futurs opérateurs ne pouvaient être placés sur les lignes de production dont la cadence et les possibles arrêts sont susceptibles de générer du stress. Des postes ont donc été identifiés en amont et en aval, sur lesquels toutes les tâches peuvent être anticipées et séquencées. Les gestes répétitifs créent en effet une routine rassurante adaptée au public autiste.
C’est ainsi que les candidats à l’embauche ont été successivement positionnés sur des tâches de panachage (préparation manuelle d’assortiments correspondant à des commandes clients spécifiques), à la préparation de recettes et à la préparation des emballages. Avec le temps, un système de rotation a été organisé pour leur permettre de varier les activités.
« Ces postes existaient déjà auparavant, nous ne les avons pas créés spécialement », souligne Yannick Bontemps.
Les espaces de travail, en revanche, ont été restructurés et balisés pour faciliter le repérage et créer un sentiment de sécurité. Toutes les consignes de travail et de sécurité sont formalisées par des codes couleurs et des pictogrammes. Enfin, l’ergonomie des postes a été étudiée avec les chefs d’équipe. L’entreprise a notamment fait l’acquisition de chariots et de tables de travail réglables en hauteur.


Une expérience riche d’enseignements


« La première personne accueillie sur le site est arrivée en 2014. Elle était accompagnée d’une aide médico-psychologique. Elle a effectué un stage de 6 mois puis a été embauchée en CDI », raconte Yannick Bontemps. D’autres personnes ont ensuite suivi le même parcours, le principe de l’accompagnement ayant lui aussi été pérennisé. Aujourd’hui, trois éducateurs détachés de l’association interviennent quotidiennement auprès des 7 personnes autistes présentes sur le site.
Leur travail est supervisé par deux chefs d’équipe de l’usine, qui ont été formés et ont acquis de l’expérience au fil de mois. En raison de leur fatigabilité, les salariés autistes travaillent cinq demi-journées par semaine. « Ils ont la même productivité que les autres salariés et sont d’une grande fiabilité », affirme Yannick Bontemps.
Pour le directeur de l’usine, l’expérience est riche d’enseignements. « L’utilisation de supports adaptés pour communiquer les instructions et les règles de sécurité nous a conduit à développer un management visuel sur l’ensemble du site.  On n’est pas très loin des techniques utilisées dans le lean manufacturing*. Par ailleurs, l’approche ergonomique déployée en direction de ces salariés a finalement bénéficié aux autres équipes. Elle nous a, par exemple, amenés à faire l’acquisition d’une trentaine de chariots réglables. »
Le modèle inclusif développé à Auneau se veut unique en son genre. « Nous voulons montrer aux entreprises qu'il est à la fois possible et bénéfique de travailler avec des personnes autistes », insiste le directeur de l’usine, fier d’avoir relevé le défi. À terme, l’effectif complet envisagé est de 12 travailleurs autistes l’horizon 2018.


* Le lean manufacturing est un mode de management visant à simplifier et optimiser les processus industriels.

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2. Le témoignage

Yannick Bontemps, directeur de l’usine Novandie


« Un public particulièrement apte à l’emploi industriel »



Quand le projet a été lancé, j’ai eu l’occasion de visiter la Maison des Personnes Autistes, à Chartres, pour me familiariser avec l’autisme. Je n’y connaissais pas grand chose et je ne savais pas comment aborder le sujet. En assistant à un atelier cuisine avec des jeunes, j’ai tout de suite fait le lien avec notre métier : dès l’instant où les tâches sont définies, bien séquencées, une personne autiste est capable de faire beaucoup de choses. Au fond, c’est un public qui est particulièrement apte à l’emploi industriel. »


   
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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Entreprise : Novandie
  • Groupe : Andros
  • Activité : Industries agricoles et alimentaires
  • Région :  Centre-Val de Loire
  • Effectifs : 300
  • Effectif TH : nc
  • Unités valorisables au titre de la sous-traitance : nc
  • Contact : Yannick Bontemps, directeur du site - standard.auneau@novandie.fr
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4. La fiche technique

  • Nombre de salariés concernés : 7 (12 à terme)
  • Type de handicap : handicap psychique
  • Aménagements :
    - techniques : oui
    - organisationnels : oui
    - formation : non
  • Financements : Andros, Agefiph, aides de droit commun,
  • Partenaires : Andros, association Vivre et travailler autrement, Adapei 28, ARS, MDPH, Conseil général Eure-et-Loir, Hôpitaux de Chartres
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