L’entreprise ENO développe un partenariat sur la durée avec Les Ateliers Niortais, un Esat local

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Depuis une dizaine d’années, les liens entre ce fabricant d’appareils de cuisson et de chauffage et l’Esat de la ville de Niort n’ont cessé de se renforcer. L’usine accueille aujourd’hui une équipe de 20 à 30 ouvriers détachés. Cinq ont été embauchés en CDI.

1. L'expérience

Fiche rédigée le 01/08/2016


Une réponse à des besoins saisonniers


Constitués d’un Esat et d’une entreprise adaptée, Les Ateliers Niortais présentent une spécificité assez rare dans l’univers du travail protégé/adapté puisqu’ils émanent directement d’une collectivité territoriale. C’est en effet par la volonté de la commune de Niort qu’a été créé, il y a 25 ans, l’Établissement Public Communal de Niort pour Personnes Handicapées (EPCNPH) qui emploie, dans ses deux structures, près de 140 personnes handicapées.
L’entreprise locale ENO compte parmi les principaux clients de l’établissement. Elle est spécialisée dans la fabrication d’appareils de chauffage et d'équipements de cuisson à gaz essentiellement destinés à la marine de plaisance. Dans son usine de Niort, une centaine de salariés produisent des plaques, des cuisinières, des fours, spécialement conçus pour être installés dans des bateaux, mais aussi des appareils de chauffage d’appoint et des « plancha » qui ont permis à l’entreprise de diversifier et de développer son activité.
« La nature de nos produits soumet notre activité à une forte saisonnalité, ce qui nous oblige  régulièrement à faire appel à des intérimaires pour renforcer nos équipes, explique Laurent Colas, l’un des deux dirigeants de la société. C’est ce qui a conduit Les Ateliers Niortais à nous proposer leurs services. »
A partir de quelques essais ponctuels s’est construit progressivement un partenariat qui dure aujourd’hui depuis une dizaine d’années et implique, bon an mal an, une équipe de 20 à 30 personnes handicapées.


Sensibiliser et convaincre


Les personnes accueillies par Les Ateliers Niortais présentent essentiellement des handicaps d’ordre psychique ou cognitif, souvent cumulés avec d’importantes difficultés sociales. « Quand nous nous sommes engagés avec l’Esat, nous n’avions pas d’idée préconçue, poursuit Laurent Colas. Dès le départ, la démarche nous est apparue d’autant plus sécurisée que l’équipe détachée chez nous était encadrée par un moniteur formé par nos soins. »
En réalité, c’est plutôt du côté des salariés de l’usine que sont venues les principales difficultés, du moins dans les premiers temps. Méfiance, inquiétudes, préjugés : l’idée d’accueillir du personnel issu du secteur protégé/adapté était loin de faire l’unanimité. La direction de l’entreprise a dû faire preuve de pédagogie et rassurer ses équipes en expliquant que Les Ateliers Niortais venaient leur apporter un appui en période de forte activité et qu’ils avaient vocation à intervenir sur des tâches de moindre valeur ajoutée (préparation de pièces, rivetage, collage), les gestes les plus techniques restant l’apanage du personnel ENO.
Il était d’ailleurs prévu que les ouvriers handicapés travailleraient sur leur propre ligne sous la conduite de leur moniteur. « Puis une certaine mixité s’est mise en place, presque naturellement, par le hasard du quotidien », explique Laurent Colas.


Cinq personnes embauchées en CDI


Un salarié absent dont il faut répartir le travail, un « coup de bourre », un retard de livraison de pièces qui laisse l’équipe désœuvrée et oblige à la redéployer dans l’atelier… Avec le temps et à l’épreuve des faits, les barrières ont fini peu à peu par tomber et les résistances ont été levées. Parallèlement, la montée en puissance de la production de plancha et une démarche de relocalisation d’activité, en 2013, ont permis d’intensifier le partenariat avec Les Ateliers Niortais.  
Le temps a également donné l’occasion à certains ouvriers détachés de montrer leur capacité à apprendre, à s’adapter et à travailler en autonomie. Ces qualités n’ont pas échappé à l’entreprise qui a proposé à cinq d’entre eux d’intégrer l’usine définitivement dans le cadre d’un CDI.
« Nous avions besoin d’embaucher, raconte le patron de l’usine. Plutôt que d’aller chercher des candidats inconnus, que nous avons d’ailleurs beaucoup de mal à trouver, nous avons préféré des personnes ayant déjà des liens avec l’entreprise et ses salariés, une connaissance de notre métier et de nos process, et dont nous connaissions à la fois les compétences et les limites. Leur embauche n’a fait que valider un état de fait. »


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2. Le témoignage

Laurent Colas, directeur général
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« Une réponse à l’obligation d’emploi et une démarche citoyenne »


« Il est difficile et contraignant de devoir recourir en permanence à l’intérim pour répondre à des besoins saisonniers. Le partenariat établi avec Les Ateliers Niortais nous offre une alternative intéressante qui nous a, par dessus le marché, donné l’opportunité de recruter. D’un côté, cela nous permet de répondre à notre obligation d’emploi, et de l’autre, cela nous positionne sur une démarche citoyenne en partageant le travail avec des personnes fragilisées. »


   
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3. La fiche d'identité de l'entreprise

  • Entreprise :  Eno
  • Activité : Industrie des biens de consommation
  • Région :  Poitou-Charentes
  • Effectifs entreprise : 100
  • Effectif TH : nc
  • Unités valorisables au titre de la sous-traitance : nc
  • Contact : Laurent Colas, directeur général – v.fouet@eno.fr
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4. La fiche technique

  • Nombre de personnes handicapées concernées : de 20 à 30
  • Type de handicap : handicap psychique, déficience intellectuelle
  • Aménagements
    - techniques : non
    - organisationnel : oui
    - formation : non
  • Financement : ENO
  • Partenaires : Les Ateliers Niortais (EPCNPH)
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