Témoignage Entreprise

Un jeune apprenti boulanger-pâtissier malvoyant chez Moulin Tartine

Grâce à quelques aménagements techniques, une très grande motivation et un fort désir d’autonomie, Christopher, malvoyant de naissance, apprend le métier de boulanger-pâtissier, en contrat d’apprentissage chez Moulin Tartine, une entreprise artisanale de Rezé en Loire-Atlantique, avant d’y décrocher un CDI.

L'expérience

Article rédigé le 11/01/08

Un stagiaire malvoyant en boulangerie-pâtisserie

À la fin de sa troisième, qu’il effectue à l’Institut spécialisé pour les jeunes handicapés visuels (IPHV) des Hauts-Thébaudières, à Vertou, en Loire-Atlantique, Christopher souhaite s’orienter vers un apprentissage en boulangerie-pâtisserie. Malvoyant depuis sa naissance, il ne peut voir qu’en s’approchant très près du sujet observé. Son professeur principal contacte Jean-Louis Collinet, chef de l’entreprise artisanale Moulin Tartine, à Rezé, pour lui demander d’accueillir Christopher, en stage d’observation tout d’abord. Le jeune garçon fait preuve d’une rare motivation et parvient à se débrouiller malgré son handicap. Jean-Louis Collinet le remarque et décide de lui faire confiance.

Deux CAP pour un CDI

Le patron de Moulin Tartine propose à Christopher un contrat d’apprentissage pour préparer un CAP de boulanger en deux ans, ce que le jeune garçon accepte. Chez Moulin Tartine, le fournil est légèrement aménagé à sa demande : l’éclairage général est renforcé et une balance dotée d’un plus grand cadran est achetée. Mais aucune solution technique n’est trouvée pour améliorer l’éclairage du four, très sombre. « Nous nous sommes adressés au fabricant, mais il n’a pas répondu favorablement à notre demande », précise Jean-Louis Collinet. Cependant, l’apprenti décroche son CAP et poursuit par un CAP pâtissier qu’il obtiendra un an plus tard. Son patron l’embauche alors en CDI en qualité d’ouvrier boulanger-pâtissier.

Une procédure simple

Christopher réalise ses deux CAP au Centre de formation des apprentis de la Chambre des métiers (Cifam) de Sainte-Luce-sur-Loire. Il est suivi chez Moulin Tartine par plusieurs maîtres d’apprentissage, sensibilisés au handicap, ainsi que par certains de ses professeurs des Hauts-Thébaudières qui le visitent de temps en temps. Enfin, la médecine du travail vient sur place pour vérifier l’adéquation de son poste à son handicap. Son patron, Jean-Louis Collinet, habitué à accueillir des apprentis, s’est chargé seul des démarches qu’il connaît bien pour les avoir effectuées de nombreuses fois.

Un autre apprenti malvoyant succède à Christopher

Jean-Louis Collinet n'a eu qu'à se féliciter de la présence de Christopher dans son équipe. Très autonome dans son travail et dans sa vie personnelle, il a parfaitement réussi à faire oublier son handicap. Le jeune homme a dû partir rejoindre sa famille normande six mois après son embauche en CDI. « Il est aujourd'hui à Caen où il a trouvé une place et une petite amie. Tout va bien pour lui », rapporte son ancien patron. Entre-temps, Moulin Tartine a accueilli Jérôme, lui aussi malvoyant. Sur le point d'obtenir un BEP boulangerie, il souhaite poursuivre sur un brevet professionnel, plus approfondi.

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Publié le 28 septembre 2010