Témoignage Entreprise

Une jeune femme handicapée trouve sa place à l’Entrepôt des Grandes Bauches grâce au tutorat

Dès son arrivée sur la plateforme logistique de Coop Atlantique, Flora est accompagnée par Didier, un « ancien » de la maison, qui la conduit à la pleine autonomie en trois mois.


L'expérience

La candidature d’une jeune femme handicapée mentale

Implanté à Saintes (Charente-Maritime), l’entrepôt des Grandes Bauches est l’une des plateformes logistiques de Coop Atlantique, une coopérative de consommateurs, qui gère près de 300 magasins dans le Centre-Ouest de la France. Sur le site de 100 000 m2 sont réceptionnés, stockés et distribués de 9 à 11 000 tonnes de marchandises par mois (produits frais et boissons) destinées aux magasins de proximité, supermarchés et hypermarchés des 14 départements de la zone commerciale.

Comme la plupart des établissements Coop Atlantique, l’entrepôt des Grandes Bauches présente en 2010 un taux d’emploi de travailleurs handicapés proche de 6 %, consécutif notamment à la signature d’un accord d’entreprise. Au global, l’entreprise affiche un taux de 6.18 % en 2010, porté à 6,61 % l'année suivante.

« Du fait de nos métiers et de notre engagement, nous sommes régulièrement sollicités par différents organismes d’insertion pour accueillir des personnes en stage ou pour des périodes de découverte du milieu de travail, explique Thierry Arché, directeur de l’entrepôt. C’est de cette manière que mon prédécesseur a reçu la candidature de Flora. »
Âgée d’une vingtaine d’années, la jeune femme, qui présente une légère déficience intellectuelle, est assez repliée sur elle-même, mais elle a déjà travaillé en milieu ordinaire, dans le secteur de l’hôtellerie, et présente un certain potentiel, selon son recruteur. Il est convaincu que moyennant une période de tutorat, Flora réussira à s’intégrer dans l’équipe.

Un tuteur rassurant et pédagogue

Afin d’assurer la prise de poste de la jeune femme dans les meilleures conditions, la direction recherche un volontaire acceptant de l’accompagner pendant sa période d’intégration. Didier, agent de maîtrise présent dans la maison depuis 35 ans, se propose immédiatement. Il a toute latitude pour organiser et planifier le travail de Flora avec qui il constituera un binôme pendant trois mois. Dans un premier temps, le duo travail à la réception des marchandises. « C’est un poste-clé car c’est là qu’est contrôlé et enregistré tout ce qui arrive de l’extérieur. La réception conditionne toute la chaîne qui suit », indique Thierry Arché. Avec l’aide constante de Didier, Flora relève le défi et apprend jour après jour. Son tuteur se révèle extrêmement pédagogue et lui enseigne les gestes, la saisie sur l’ordinateur, la gestion administrative. Il doit également lui apprendre à gérer son planning. À son arrivée dans l’entreprise, Flora est tellement enthousiasmée par son nouveau travail qu’elle se présente même un jour où elle est en repos !

Nouveau poste, nouvelles procédures

« Le rôle de son tuteur a été déterminant, souligne Thierry Arché. Il a su la mettre en confiance, la motiver et lui fixer, jour après jour, de nouveaux objectifs, une habitude qu’elle a d’ailleurs prise pour elle-même. C’est ainsi, par exemple, qu’elle a réappris à compter. Apparemment, les tâches qu’elle assumait dans son précédent emploi étaient relativement pauvres. » Flora souhaite d’ailleurs diversifier son travail. Toujours sous la houlette de Didier, elle passe ainsi à la préparation de commandes, intègre les procédures pour finalement accéder à une pleine autonomie.
« Toute cette démarche de tutorat a aussi été très bénéfique pour son tuteur, ajoute le directeur. Il vivait assez mal un changement de poste survenu avant l’arrivée de Flora. Il s’est totalement investi dans son rôle et s’est découvert de nouvelles qualités d’encadrement. On peut dire que le tutorat a redonné du sens à son travail. »

Une salariée « comme les autres »

Pour toute l’équipe, Flora est aujourd’hui une salariée comme les autres. Embauchée en CDI à plein temps, elle a les mêmes contraintes de planning que ses collègues et travaille de façon autonome. Parfaitement intégrée au sein de l’équipe, elle sait aussi que son ancien tuteur n’est jamais bien loin, même si ses interventions sont plus rares. « En cas de problème, elle sait vers qui se tourner, poursuit Thierry Arché. Du côté de la direction, nous connaissons les capacités de Flora, mais nous savons aussi qu’elle a besoin de régularité et qu’il lui faut un petit temps d’assimilation lorsqu’il y a une nouveauté. Par exemple, lorsque nous avons fait un exercice d’incendie, nous l’avons prévenue par l’intermédiaire de Didier pour éviter qu’elle ne panique. La prochaine fois, elle ne sera pas surprise. »

Article rédigé le 7/03/2012

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Publié le 27 mars 2012