Chez Bouyer Leroux, un parcours de maintien dans l'emploi réussi

Un manager sensibilisé alerte sur la situation d’un salarié
La société Bouyer Leroux, fondé en 1955 dans le Maine-et-Loire, est spécialisée dans la fabrication de matériaux de construction en terre cuite. Elle compte aujourd’hui sept sites industriels, en plus du siège, et emploie 540 collaborateurs en France.
En 2021, Olivia Crépellière, chargée de développement RH, devient référente handicap. Elle lance alors des actions de communication et de sensibilisation, tout en pilotant plusieurs projets de maintien dans l'emploi. « Travailler sur le handicap est un cheminement qui se fait à petits pas. Il faut mûrir le sujet », explique-t-elle. Pour enrichir sa démarche, elle se rapproche de l'Agefiph et rejoint le réseau des référents handicap des Pays de la Loire. Elle propose, pour avancer progressivement, un plan d'actions interne et réaliste, validé par la direction, et notamment une sensibilisation au handicap à destination des managers lors d’un séminaire annuel.
Les effets ne se font pas attendre. Sur le site de Saint-Martin-des-Fontaines, un responsable d'équipe sollicite Olivia Crépellière sur la situation de Pascal* en difficulté. Présent depuis quinze ans chez Bouyer Leroux, Pascal a d'abord été cariste, puis cuiseur sur la chaîne de production de briques, avant d'évoluer, pour raisons de santé, vers un poste de magasinier maintenance. Mais cette nouvelle reconversion atteint elle aussi ses limites.
Un accompagnement sur mesure avec Cap emploi
« La première difficulté, dans ce genre de situation, réside dans le fait que beaucoup de salariés n'osent pas évoquer leurs difficultés de peur que l'entreprise n'ait pas la volonté ou les moyens d'agir. C'est là que les managers doivent prendre le relais et nous alerter », explique la référente handicap.
Olivia Crépellière organise un rendez-vous avec Pascal, en présence de son manager, pour lui expliquer l'intérêt de faire reconnaître son handicap, clarifier les étapes à venir et surtout le rassurer sur l'engagement de l'entreprise. Elle l'accompagne dans sa démarche de reconnaissance et sollicite Cap emploi 85 pour réaliser une étude de poste.
Le site de Saint-Martin-des-Fontaines dispose d'installations peu adaptées aux contraintes de Pascal. Le magasin est situé à l'étage : il doit transporter les petits colis manuellement par l'escalier et utiliser un gerbeur pour les plus volumineux. Les équipements bureautiques qu'il utilise pour les tâches administratives ne sont pas non plus adaptés à sa situation.
Une chargée de mission handicap Cap emploi se rend sur place pour échanger avec l'employeur et le salarié, puis réalise une étude de poste en lien avec le médecin du travail. Une fois les besoins identifiés, Cap emploi et l'entreprise sollicitent des fournisseurs pour définir les aménagements nécessaires.
Plusieurs solutions sont envisagées : un chariot à tablette réglable en hauteur et adapté pour les espaces étroits et un monte-charge adapté à l'espace disponible pour faciliter la mise en rayon et limiter le port de charges. Des tests sont également menés pour évaluer la pertinence d'un siège ergonomique et d'un support d’écrans adapté pour les tâches bureautiques. Une demande d’aide est adressée à l'Agefiph pour l'acquisition de ces équipements.
Une démarche collective et des résultats concrets
La réflexion associe toutes les parties prenantes. Sont réunis autour de la table Pascal, son manager, le responsable RH, la référente Handicap et Cap emploi. « Il était important que chacun prenne la mesure de la situation et entende les propositions », souligne Olivia Crépellière. Autre atout de la démarche : la possibilité de tester le matériel avant de s'engager pour s'assurer que les équipements répondent bien aux besoins.
L'accompagnement de Cap emploi se révèle précieux, notamment pour le montage et le suivi du dossier auprès de l'Agefiph. L'entreprise obtient un cofinancement au titre de la compensation du handicap, le reste demeurant à sa charge puisqu'il s'agit aussi d'un investissement bénéficiant plus largement à l’entreprise et aux autres collaborateurs.
« Ce type d'action contribue à rassurer d'autres salariés, qui sont moins réticents à nous faire part de leurs difficultés. Ils savent que nous sommes prêts à les accompagner », conclut la référente handicap.
* Le prénom du salarié a été modifié pour préserver son anonymat.
TÉMOIGNAGE

Olivia Crépellière, référente handicap
« Le rôle du manager est essentiel »
« Le rôle du manager est essentiel dans la réussite du maintien dans l’emploi. Son écoute, sa capacité d’ouverture favorisent le déploiement et la mise en œuvre des solutions. Il est important aussi qu’il soit associé aux échanges et bien accompagné par l’entreprise. Enfin, la réussite de la démarche passe par un suivi régulier des aménagements réalisés. »
FICHE D’IDENTITÉ
Entreprise : Bouyer Leroux
Activité : industries de biens d’équipement
Région : Pays de la Loire
Effectifs France : 550 salariés
Effectif TH : 7,78 % (taux d’emploi fin 2025)
Accord agréé :
Convention Agefiph :
Contact : Olivia Crépelliere, chargée de développement RH et référente handicap - OCREPELLIERE@bouyer-leroux.fr
Mise à jour : 01/06/2026
FICHE TECHNIQUE
Nombre de personnes handicapées concernées : 1
Type de handicap : moteur
Aménagements - techniques : oui
- organisationnel : oui
- formation : non
Financements : employeur, Agefiph
Partenaires : Cap emploi 85, médecine du travail
Publié le 29 juin 2026